"Madame, Monsieur, il faudra 3 interventions pour votre fille, et tout sera terminé".

J'imagine les mots qui ont dû être prononcés, ceux qui ont dû être entendu, et enfin l'espoir de me donner une vie meilleure !

Je le sais, car mes parents, m'ont dit, qu'on leur avait dit a peut-près la même chose...

3 interventions, on se moque de qui ?

Du bonheur de ceux qui entendent cette phrase, ces mots d'espoirs ?

Le chirurgien, le médecin, était-il trop en avance sur son temps de plusieurs siècle ?

Putain, merde, saloperie de vie, connard de médecin, de chef de service, de chirurgien !

J'aimerais bien te donner le delta de ta certitude avec la réalité de ma vie, et tu sais en quoi ?

En claque, en baffe, en coup de pieds, là ou ça fait mal, là ou c'est douloureux pour toi, dans ton intimité, mais je ne sais pas faire, je sais juste me défendre par mon regard, mes mots...

J'ai fait le décompte il y a quelques années, un moche fichier sur excel, avec les dates (qui malheureusement mentionnent les jours, et pour certaines deux Noël).

Avant mes un an, j'étais déjà à deux opérations... Ensuite, c'est plus calme, l'âge dépasse le nombre d'opérations, puis vient l'adolescence, et déjà, l'âge passe en seconde position.

Il aura fallu une vingtaine d'opérations...

Des blocs opératoires, des blouses bleues ou vertes, des chirurgiens peux compatissant, des mots entendus "si tu continue de pleurer, tu remontes dans ta chambre", des réveils difficiles, des douleurs attroces, des phobies qui se sont manifestées au fil des opérations...

Des brancardiers, qui ne voyaient pas la détresse dans mon regard, ce même regard qui cherchait dans le bloc, celui d'une infirmière, de l'anesthésiste... et puis, venait ce masque, que l'on mettait sur ma bouche, pour me faire respirer cette odeur qui allait m'endormir, me laisser aux mains de chirurgien qui eux savait...

Depuis, j'ai peur des masques à gaz... ceux de la guerre.. Ils me terrifient !

Dans une clinique pour enfants, Playmobil, a eu une remarquable idée... Reproduire, le bloc opératoire, la salle de réveille, la chambre d'hôpital, afin que l'enfant n'appréhende pas l'inconnu du monde médical.

Enfant, j'ai souvent rêvé, de "visiter" le bloc opératoire avec mon doudou, pour apprivoiser cette peur qui me faisait pleurer, quand j'entendais lors d'un rendez-vous il faudra l'opérer... Quelques jours également avant l'opération, et le jour du départ, et les suivants, et enfin tout l'espoir d'entendre lors d'un rendez-vous post-opératoire "Madame, c'est fini..."

Mon "rêve" s'est réalisé a travers cette réalisation que j'ai vue pour les enfants, et elle m'a fait pleurer à l'intérieur... Ne pas montrer, ma douleur, ma peine, ma terreur, devant le regard des beaucoup plus petits que moi - maintenant -.